La communication s'est radicalement transformée ces dernières années. Les opérateurs télécoms traditionnels, qui ont depuis toujours dominé sur le marché des communications interpersonnelles entre deux interlocuteurs, sont de plus en plus challengés par de nouveaux concurrents qui utilisent des plateformes ouvertes afin de satisfaire des consommateurs dont les souhaits et les besoins sont diversifiés et changeants. Les sites des réseaux sociaux, tels que Facebook, MySpace et Twitter, sont devenus les principaux moyens de communication pour toute une nouvelle génération de consommateurs aguerris aux technologies de l'information. Grâce aux effets moteurs du haut débit, de la maturité des "logiciels sociaux" et de terminaux multimédia mobiles permettant de surfer sur Internet et ce, à des tarifs de plus en plus accessibles, ces sites gagnent des utilisateurs enthousiastes. Ils attirent aussi l'attention d'autres acteurs : publicistes, fabricants de produits de grande consommation, entreprises qui utilisent les réseaux sociaux pour atteindre leurs clients, les fidéliser à la marque ou bien communiquer avec des salariés, des acheteurs, des fournisseurs et des partenaires dispersés dans le monde entier. Le phénomène largement répandu des réseaux sociaux résulte de deux tendances de fond impactant les communications. La première est une modification des modes de communication : nous sommes passés de la conversation dite de point à point, bidirectionnelle entre deux personnes, à des communications collaboratives faisant intervenir de multiples interlocuteurs. La seconde est un changement du contrôle de l'environnement des communications : les opérateurs télécoms traditionnels sont en train de perdre ce contrôle au profit des fournisseurs de plateformes Internet ouvertes, qui bénéficient d'une technologie moins chère et de meilleure qualité, de standards ouverts, ainsi que d'une plus grande diffusion des services haut débit et des réseaux de communication sans fil. L'effet combiné de ces tendances est en train de changer la donne de la concurrence dans le domaine des communications et donne naissance à de nouveaux modèles économiques : Le modèle ouvert et quasi-gratuit - Ce modèle fait intervenir des entreprises qui proposent des services de communication interpersonnelle d'une personne vers une autre, via une plateforme Internet ouverte, et ce gratuitement ou moyennant un coût modeste. Ces services sont une menace potentielle pour les services traditionnels tels que les appels longue distance et le "roaming" mobile. Les communautés protégées - Les entreprises utilisant ce modèle se spécialisent dans les communications multi interlocuteurs, plutôt que point à point, dans un environnement contrôlé par les opérateurs télécoms. Elles représentent une sorte de "chasse gardée" pour les services de collaboration gérés par les opérateurs télécoms et tendent à intéresser les utilisateurs et les entreprises à la recherche d'environnements de communication sécurisés et fiables. Les espaces sociaux partagés - Ce modèle en rapide expansion facilite la collaboration sur Internet, en mode open source. Les principaux acteurs sont les sites de réseaux sociaux tels que MySpace et Facebook. Ces fournisseurs ont le potentiel pour devenir des plateformes de communication intégrées. Outre les parts de marché qu'ils gagnent auprès des utilisateurs, ces services posent un défi opérationnel aux opérateurs télécoms car ils s'appuient sur l'infrastructure de communications existante, laissant la question des coûts et des capacités aux opérateurs réseau. Sur le court terme, alors que le secteur évolue vers des communications plus ouvertes et plus collaboratives, le modèle traditionnel reste sans doute dominant. En revanche, à long terme, une évolution vers des modèles d'espaces sociaux partagés est à prévoir, espaces attirant une part plus importante et plus influente en termes de temps de communication. Les opérateurs télécoms doivent construire les fondations d'un avenir plus ouvert et collaboratif. À court et à moyen terme : - Tirer parti de la fenêtre d'opportunité qu'offrent les réseaux sociaux mobiles.
- Renforcer leurs capacités à satisfaire les besoins en communication en pleine mutation et expansion des entreprises.
- Conclure des partenariats avec les acteurs existants ou les racheter afin de développer proactivement les capacités requises pour réussir.
- Permettre aux autres participants de la chaîne de valeur d'accéder aux infrastructures de télécommunications, et de générer ainsi des revenus supplémentaires.
- Utiliser les techniques d'optimisation des réseaux et des systèmes d'information pour réduire le coût de la distribution de contenu haut débit, nécessitant une grande capacité en bande passante, et développer des modèles économiques capables de capter la valeur du trafic généré par des tiers.
Sur le long terme : - Adopter une définition plus large des communications, englobant toutes les possibilités depuis les conversations entre deux personnes jusqu'aux communications multi interlocuteurs, et réajuster leurs organisations en fonction de cette nouvelle donne.
- Créer une offre multiplateforme plus attractive et une expérience client entièrement intégrée comprenant les services mobiles, fixes et IP TV.
Un nouvel écosystème émerge de ces modifications à long terme des communications. Il exigera des transformations audacieuses et importantes de la part des opérateurs télécoms existants, alors même que des sociétés informatiques et des fournisseurs de contenu Internet extrêmement inventifs font irruption dans l'espace des télécoms et revendiquent désormais une part plus importante des temps de communication. Lire l'étude complète (en anglais) (324KB). Télécharger Adobe® Reader® |