De quelle façon les gestionnaires de chaînes d’approvisionnement font-ils face ? Dans le cadre de notre étude mondiale réalisée auprès des directeurs de la chaîne d’approvisionnement, nous avons interviewé 400 cadres supérieurs aux États-Unis, au Canada, en Europe et dans la région Asie Pacifique, tous responsables des stratégies et des opérations liées à la chaîne d’approvisionnement de leur entreprise. Nos discussions ont mis en évidence cinq défis clés concernant : Maîtrise des coûts – Des changements rapides et continuels ébranlent cet aspect traditionnellement fort et devancent la capacité d’adaptation des gestionnaires de chaînes d’approvisionnement. Visibilité – Submergés par un flot toujours plus important d’informations, les gestionnaires de chaînes d’approvisionnement ont encore des difficultés à « voir » et à agir en fonction de l’information appropriée. Gestion du risque – Les directeurs financiers ne sont pas les seuls cadres dirigeants préoccupés par le risque; la gestion du risque occupe également une place privilégiée parmi les priorités liées aux chaînes d’approvisionnement. Affinité avec les clients – En dépit de l’accent qui est traditionnellement mis sur la demande, les entreprises sont mieux connectées à leurs fournisseurs qu’à leurs clients. Mondialisation – Contrairement aux attentes initiales, la mondialisation s’est soldée davantage par une croissance des revenus que par une économie sur les coûts. Ces constatations laissent à penser que les chaînes d’approvisionnement – tout comme les gestionnaires qui en sont responsables - font face à des pressions considérables. Au fur et à mesure que les exigences de conformité, les fournisseurs, et les flux d’informations se multiplient, les chaînes logistiques deviennent plus complexes, coûteuses et vulnérables. En conséquence, les gestionnaires ont de plus en plus de difficultés à réagir face à ces défis, particulièrement s’ils s’appuient sur des stratégies et des conceptions traditionnelles de chaînes d’approvisionnement. Cela ne signifie pas que les entreprises n’aient pas tenu compte de ces problématiques ; nous avons constaté que les projets d’amélioration de chaînes d’approvisionnement ne manquent pas. Néanmoins, nos recherches suggèrent que dorénavant, élaborer des chaînes d’approvisionnement efficaces, axées sur la demande ou même transparentes ne suffit plus... La chaîne logistique doit aussi être intelligente La chaîne d’approvisionnement de demain sera beaucoup plus… · Equipée L’information qui était auparavant créée par des individus le sera de plus en plus par des machines – elle émanera de capteurs, d’étiquettes d’identification par radio-fréquence (RFID), de compteurs, de récepteurs, de GPS et plus encore. Les stocks se compteront par eux-mêmes. Les conteneurs auto-détecteront leur propre contenu. Les palettes émettront des signaux indiquant qu’elles se trouvent au mauvais endroit. · Interconnectée La chaîne d’approvisionnement entière sera connectée, non seulement au niveau des clients, des fournisseurs et des systèmes informatiques en général, mais aussi au niveau des pièces, des produits et autres objets intelligents servant à assurer le suivi de la chaîne. Une connectivité élaborée permettra aux réseaux de chaînes d’approvisionnement mondiaux de planifier et de prendre des décisions de manière concertée. · Intelligente Les décisions concernant les chaînes logistiques seront également beaucoup plus éclairées. Des analyses évoluées et la modélisation aideront les décideurs à évaluer leurs options à la lumière d’une série de risques et de contraintes incroyablement complexes et dynamiques. Les systèmes intelligents prendront même des décisions de façon automatique, accroissant la réactivité et limitant le besoin d’intervention humaine. Bâtir ce type de chaîne d’approvisionnement représente un engagement stratégique, qui requiert de la part des directeurs logistiques qu’ils remplissent un rôle et un ensemble de responsabilités différents. Ces gestionnaires doivent devenir à la fois stratèges, partenaire ou chef d’orchestre, avec la mission de créer la chaîne d’approvisionnement de demain. À l’heure actuelle, la plupart des principaux responsables de chaînes d’approvisionnement supervisent des fonctions traditionnelles telles que la distribution et la logistique (77 %), la planification de la demande et de l’offre (72 %), et les sources d’approvisionnement (63 %). Cependant, certains commencent à jouer un rôle dans l’élaboration de la stratégie de l’entreprise (38 %) ou de la gestion du risque (26 %). Nous sommes d’avis que cette implication sur le plan stratégique va augmenter. La chaîne logistique de demain sera une source importante de connaissances qui éclaireront les autres fonctions de l’entreprise et aideront à la prise de décision. Mais pour quelle raison bâtir une chaîne logistique plus intelligente dès aujourd’hui ? Après tout, les technologies sous-jacentes qui rendent possible ce type d’intelligence existent depuis un certain temps. Pourquoi un changement maintenant, particulièrement quand l’avenir semble si incertain ? En fait, c’est précisément en raison de cette incertitude qu’il est temps d’agir. La mondialisation et l’interdépendance grandissante des chaînes d’approvisionnement ont introduit un niveau élevé de volatilité et de vulnérabilité et il est peu probable que cela diminue. L’incertitude est devenue la norme. Ce nouveau type d’environnement exige une chaîne d’approvisionnement différente. Confrontés à cette mission, les directeurs de chaînes d’approvisionnement doivent, pour le bien de leurs entreprises, réévaluer leurs stratégies et leurs initiatives actuelles. Quels investissements rendent les processus plus rapides ou plus efficaces ? Lesquels vont un peu plus loin – et font en sorte que la chaîne d’approvisionnement soit bel et bien plus intelligente et résiliente, à cette époque d’instabilité et de risques sans précédents ? |