Une étude récente menée par IBM, et intitulée "Le marché de l’assurance en 2020 : innover et définir de nouveaux modèles", fournit des éléments sur l’inertie apparente du secteur de l’assurance en termes d'innovation. 2 En résumé, l'étude montre que bien que le marché exige aujourd’hui une véritable innovation dans les business models, les entreprises du secteur de l’assurance continuent de se focaliser sur l'optimisation des produits, des processus et des services. Pendant des dizaines d'années, cette stratégie a souvent su tirer profit des avancées réalisées dans le domaine des technologies de l'information. Mais pour de nombreuses sociétés, cela s'est traduit par une organisation qui confondait optimisation et innovation. Cette approche a donné deux résultats. Tout d’abord, même s'il y a bien entendu des exceptions, les compagnies d'assurance, les agents d'assurance et les courtiers en assurance n'ont pas forcément de nouveautés à lancer après leurs nombreuses années de politique d'optimisation. Ainsi, aux Etats-Unis, de 1955 à 2006, le secteur de l’assurance en charge des dommages a enregistré un taux de rendement des capitaux propres inférieur à la moyenne de tous les secteurs d'activité du pays, dans plus de 87 % des cas.3 Les changements survenus depuis des dizaines d'années et liés à l'automatisation des processus, la gestion des données et l'utilisation d'outils en ligne, sont arrivés après des changements technologiques de plus grande ampleur et étaient axés sur l'amélioration de processus existants. Si elles continuent sur cette voie, les compagnies d'assurance vont nécessairement voir leurs résultats baisser. Il est probable que soit un concurrent existant, soit un nouvel entrant ne faisant pas partie des compagnies d'assurances classiques – tel qu'un détaillant, un fournisseur de réseaux sociaux d’entreprise ou bien un autre acteur de l'industrie des services – remportera des parts de marché. Le second constat lié à la focalisation du secteur sur l'optimisation concerne le coût des opportunités manquées. L'insuffisance, voire l'absence, d’innovation, en particulier dans les modèles organisationnels, représente un coût inestimable. C'est pourquoi, même si l'amélioration des processus et des opérations via l'utilisation d'une technologie de plus en plus avancée semblait être la bonne solution, ces activités se sont substituées à l'innovation et ont foumi des revenus en hausse suffisamment stables pour satisfaire les cadres. Références 1 "Assurance 2020 : innover et définir de nouveaux modèles". IBM Institute for Business Value. Mai 2006. 2 Ibid. 3 "Property/Casualty Insurance Update". Insurance Information Institute. Janvier 2007. |