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Directeur financier, Contrôleur de gestion : enjeux et perspectives d'une profession en mutation

Loi sur la Sécurité financière, Sarbanes Oxley, LOLF, IFRS-IAS,… les nouvelles réglementations transforment-elles les fonctions de Directeur financier et de Contrôleur de gestion ?
Entretien avec Jean Alecian, Délégué général de la DFCG, association nationale des Directeurs Financiers et de Contrôle de Gestion.

Directeur financier, Contrôleur de gestion : enjeux et perspectives d'une profession en mutation


Comment percevez-vous la place et le rôle de la fonction de directeur financier actuellement en entreprise ?
Jean Alecian : Les nouvelles réglementations comptables et financières se traduisent par une responsabilisation accrue des directeurs financiers, qui correspond en réalité à une tendance de fond observée depuis une trentaine d'années. D'une fonction essentiellement comptable, le Directeur administratif et financier s'est progressivement hissé à une fonction managériale, parallèlement à l'importance croissante accordée à la gestion, et aux évolutions technologiques qui ont allégé la dimension administrative. Aujourd'hui, le directeur financier est presque toujours au comité directeur de l'entreprise, et figure en tant que copilote aux côtés de la direction générale. Les lois (LSF, Sarbanes Oxley) visant à mieux garantir et organiser la transparence financière et le contrôle interne ont donc entériné une évolution déjà inscrite dans les faits.

Les implications sont-elles différentes si l'on compare les législations américaine et française ?
J.A. : Nous avons constaté un mouvement de balancier : suite aux récents scandales financiers (Enron, Worldcom), les Etats-Unis ont mis en place une législation très exigeante. Ainsi, selon les dispositions de Sarbanes Oxley, le DAF doit contresigner les comptes de l'entreprise, en même temps que le Président, ce que n'exige pas la Loi de Sécurité financière en France. Par là-même, la législation américaine donne au directeur financier la possibilité de refuser d'engager sa responsabilité s'il est en désaccord avec les comptes établis.

Pensez-vous que la législation française devrait s'aligner sur l'exemple américain ?
J.A. : Sur ce point en tout cas, oui. Cela permettrait d'officialiser les nouvelles responsabilités qui incombent aux DAF, et de clarifier la relation DAF - Direction générale, notamment en cas de divergence de vue. La DFCG milite donc pour mettre en place une clause de conscience qui donnerait les moyens aux DAF d'exprimer leur éventuel désaccord avec la Direction, tout en préservant leurs droits en cas de démission, à l'image des dispositions spécifiques à la profession de journaliste.

Parallèlement, comment la fonction de contrôleur de gestion a-t-elle évolué ?
J.A. : A la différence des DAF, les contrôleurs de gestion ont vu leur fonction évoluer dans le sens d'une décentralisation. Alors que le contrôle de gestion était une fonction réservée à la Direction générale il y a une trentaine d'années, son exercice s'est peu à peu développé dans les différents services de l'entreprise, et de plus en plus réparti au niveau des directions opérationnelles, avec la possibilité d'exercer ce contrôle au plus près de l'activité.

Pensez-vous que l'on verra émerger cette fonction de contrôle de gestion au sein des administrations publiques ?
J.A. : La LOLF (Loi Organique relative aux Lois de Finances) semble annoncer une orientation vers un management public fondé sur une logique de performance, à l'image des systèmes que l'on met en œuvre actuellement dans les grandes entreprises privées. Cela constitue une révolution culturelle, qui pourrait remettre en question l'immobilisme caractéristique des constructions budgétaires, reconduites d'une année à l'autre en grande partie. Certes, la Cour des Comptes exerce un contrôle comptable, au sens d'une vérification. Mais cela est bien différent du contrôle de gestion fondé sur des indicateurs de performance et des prévisions, et qui implique d'éventuelles réorientations budgétaires. La nouvelle logique introduite par la LOLF milite pour le développement d'un véritable contrôle de gestion au sein des administrations centrales, au-delà du rôle actuel, de vérificateur joué par la Cour des Comptes.

Le contrôle de gestion a tout de même fait ses preuves à d'autres échelons administratifs…
J.A. : En effet. Au niveau des collectivités locales et régionales, le contrôle de gestion existe déjà depuis une dizaine d'années et est réalisé de façon tout à fait satisfaisante. Il serait donc souhaitable que cette tendance s'affirme également au niveau des administrations centrales. Des efforts conséquents ont déjà été effectués dans l'armée notamment, avec la mise en place de contrôleurs de gestion au sein des services de gendarmerie ou encore dans la construction navale. La LOLF donnera sans doute un nouveau coup d'accélérateur à ce mouvement qui pourrait néanmoins exiger 5 à 10 ans pour s'inscrire réellement dans les faits.

Globalement, avez-vous le sentiment que l'on évolue vers une meilleure reconnaissance des fonctions de directeur financier et de contrôleur de gestion ?
J.A. : Oui, dans le sens où la place et le rôle des directeurs financiers et des contrôleurs de gestion sont accrus. Les évolutions réglementaires liées à la sécurité financière pour les entreprises privées, et à l'introduction d'une logique de performance pour les administrations centrales le confirment. De même, la nouvelle organisation de l'entreprise et l'importance croissante de la culture de gestion vont dans le même sens, et peuvent désormais s'appuyer sur des solutions informatiques qui permettent de généraliser et automatiser cette approche.


Créée en 1964, la DFCG (Association Nationale des Directeurs Financiers et de Contrôle de Gestion) regroupe aujourd'hui près de 3000 membres, représentant aussi bien des PME que de grandes entreprises, et ce dans des secteurs économiques divers. Elle a pour objectifs de favoriser le perfectionnement professionnel de ses membres, et d'être force de proposition auprès des pouvoirs législatifs et réglementaires.


En savoir plus sur la DFCG, le calendrier des événements qu'elle organise (rencontres, débats, congrès) et ses publications :
http://www.dfcg.com/

Approfondir…

Normes IAS/IFRS – Que faut-il faire ? Comment s'y prendre ?
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2ème édition – Février 2005

Analyse financière des comptes consolidés. Normes IAS/IFRS Un ouvrage destiné aux analystes et aux directeurs financiers (L'Expansion.com - 30/03/05)

La mutation du Contrôle de Gestion
D. Corfmat, A. Helluy, Ph. Baron
Préface de Louis Schweitzer.
Edition d'Organisation / Collection DFCG - Janvier 2000

LOLF et réforme de l'Etat : la performance des politiques publiques n'est plus un sujet tabou (Decisio - Janvier 2005)


En partenariat avec la DFCG, IBM Business Consulting Services organise régulièrement "Les Rencontres de la Finance et de l'Architecture" : les responsables financiers sont invités à échanger autour d'un enjeu de leur métier, dans un lieu d'exception et en présence de l'architecte qui l'a conçu. Vous souhaitez être informés des prochaines rencontres ? Il vous suffit de nous le signaler par mail à : daniel.verschaere@fr.ibm.com

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